Les Vans des Volcans • 31 juillet 2026 • Lecture 7 min
Une journée de route et vous changez de pays. Depuis l’Auvergne, l’Espagne offre en une dizaine de jours trois voyages en un : la haute montagne pyrénéenne, un vrai désert de cinéma, et une côte atlantique verte et sauvage que les foules du littoral méditerranéen ignorent encore.
Cap au sud-ouest par l’Aubrac et la vallée du Lot, puis Toulouse pour une première nuit à l’ombre des briques roses. Le lendemain, les Pyrénées se dressent d’un coup : cirque de Gavarnie, cols et vallées béarnaises. On passe la frontière par le tunnel du Somport ou, si le van et l’envie s’y prêtent, par le col du Pourtalet et ses lacets à ciel ouvert.
Côté espagnol, la lumière change immédiatement. Le parc national d’Ordesa y Monte Perdido aligne canyons calcaires, cascades et sentiers spectaculaires — le versant sud du cirque de Gavarnie, en plus vaste et en plus chaud. En redescendant, les villages de pierre d’Aínsa et d’Alquézar valent l’arrêt, tout comme les gorges de la Sierra de Guara, paradis des amateurs de canyoning.
Deux heures plus à l’ouest, le décor bascule : les Bardenas Reales déroulent un semi-désert d’argile et de grès, cheminées de fée et pistes ocre, à 700 km seulement de Clermont-Ferrand. Le parc se traverse par une piste principale carrossable, ouverte du lever au coucher du soleil. On y dort aux abords, dans l’un des campings de Tudela ou d’Arguedas, et on y revient à l’aube pour la lumière.
Remontée vers le nord et changement d’ambiance : la Rioja et ses vignes, puis Bilbao, San Sebastián et son incontournable tournée de pintxos. La côte cantabrique enchaîne ensuite les criques, les falaises et les villages de pêcheurs — Zumaia et son flysch, Santillana del Mar, les plages de Cantabrie. C’est l’Espagne verte, celle qui reste fraîche en plein mois d’août.
Dernier détour vers les Picos de Europa : montagne calcaire, lacs de Covadonga, gorges du Cares. On rentre ensuite par les Landes et Bordeaux, ou plus doucement par le Béarn. Ceux qui ont deux semaines devant eux poussent au sud vers la Castille et l’Andalousie — mais c’est un autre voyage.
En Espagne, la loi distingue clairement le stationnement (autorisé, y compris pour y dormir) du camping (interdit hors terrain aménagé). Concrètement : le van reste sur ses roues, rien ne sort à l’extérieur — ni auvent, ni table, ni chaises. Les mairies peuvent durcir la règle localement, surtout sur le littoral et en Galice : lisez les panneaux. Bonne nouvelle, le réseau d’áreas de autocaravanas est dense et souvent gratuit dans l’intérieur des terres.
Bon à savoir : plusieurs grandes villes espagnoles ont une zone à faibles émissions (ZBE). Avec une plaque française, il faut s’enregistrer en ligne avant d’entrer dans le centre de Barcelone ou de Madrid. Le plus simple reste de se garer en périphérie et de finir en transports.
Des puys d’Auvergne aux mesas des Bardenas, ce voyage traverse trois climats en une semaine de route. Et si vous partiez de l’autre côté des Pyrénées cette année ?